L'archéologie dans nos vies

L'archéologie est une discipline scientifique qui étudie l'homme et son univers à partir des traces qu'il a laissées derrière lui. Ces traces sont bien souvent matérielles, que ce soit des bâtiments, de la céramique, de la pierre, ou un sol d’occupation. Toutefois, elles consistent aussi en des écrits passés qui demeurent, tout comme la mémoire des gens, leurs souvenirs et l’histoire qui se transmet de génération en génération par l’oral.

Définition

L'archéologie est une discipline scientifique unique qui permet d'avoir un contact privilégié avec nos ancêtres. Cette voie est celle des traces qu'ils nous ont laissées, qu'elles soient matérielles ou immatérielles. Bien que l’archéologie utilise à la fois les documents d’archives et les souvenirs des gens pour en apprendre plus sur notre passé, ce sont les traces matérielles dans leur ensemble et le contexte dont elles sont issues qui nous en apprennent le plus sur tous les aspects de la vie des gens. Ces indices, que l’archéologie recherche et traite pour ensuite les rendre intelligibles, sont les anciens bâtiments, mais aussi les aires d’activité où les gens ont vécu, travaillé, joué, circulé et où ils sont décédés.

 

Une question de contexte

Dans la majorité des cas, l’objet en lui-même, qui n’a pratiquement pas de valeur monétaire, n’est pas ce que nous recherchons, mais plutôt l’ensemble des données, tels les insectes présents, les artéfacts, les écofacts, les os d’animaux, la nature du sol, sa composition ; ensemble de données qui forme une trace unique et qui explique le contexte. Ce contexte est intimement lié à un phénomène qui se réalise partout : c’est la déposition des sols. Ainsi, la surface du sol d’il y a plus de 300 ans n’est pas celle qui est visible actuellement, car, avec le temps, que ce soit relié à la mise en place d’un remblai de terre, d’une déposition de sable éolien, de la décomposition naturelle des plantes ou du travail qui y était fait, le sol s’accumule en permanence. Avec le temps, le sol plus ancien se retrouve recouvert par un plus récent. Ainsi, un niveau de sol correspond en quelque sorte à un cliché d’un laps de temps et d’un lieu précis. C’est à partir de cette image que nous laissons parler les indices pour étudier tous les aspects de la vie des gens qui y ont vécu.

 

Aspect législatif

Toutefois, au Québec, seuls les archéologues professionnels sont légalement habilités à pratiquer des travaux archéologiques, car toute activité archéologique est soumise à la Lois sur les biens culturels et au Règlement sur la recherche archéologique. Selon la loi, la recherche archéologique est toute activité ou action portée visant à creuser ou rechercher dans le sol ou dans l’eau tout objet relatif à l’occupation ou à l’activité humaine sur le territoire québécois. La formation nécessaire comprend un apprentissage théorique et pratique, qui s’acquiert dans un programme universitaire de niveau maîtrise en archéologie. Le tout a pour but d’assurer qu’un archéologue est apte à acquérir et traiter un corpus de données archéologiques, mais aussi de redonner à la population les résultats des recherches de manière impartiale et intelligible.

 

L'archéologie au Québec

L’archéologie au Québec, c’est l’étude des populations humaines qui exploitent ou habitent un territoire, dans un passé lointain ou parfois très proche, par l’entremise des indices matériels laissés par leur passage, des indices dont l'analyse reflète un large éventail d'activités, de même que des époques et des groupes culturels variés. Ce que l'on recherche ne porte pas spécifiquement sur les grands dignitaires que nous a transmis l’histoire, mais sur l’ensemble de nos prédécesseurs qu’ils soient riches ou pauvres, hommes, femmes ou enfants. Contrairement aux autres ressources patrimoniales qui sont directement visibles, les vestiges archéologiques sont le plus souvent cachés aux regards. Les données doivent être extraites du sol ou des eaux, en utilisant des techniques d'enregistrement scientifique. L'archéologie québécoise est riche et multiple à cause de sa situation stratégique en Amérique du Nord. Recouvert de glaces jusqu'à il y a environ 15 000 ans, le Québec s'est vu, au cours des millénaires suivants, envahi de toutes parts par la végétation et par la faune, puis occupé par des groupes humains. Des chasseurs-cueilleurs amérindiens, venus de l'ouest et du sud-est, suivent le retrait du glacier et pénètrent sur le territoire actuel du Québec, il y a plus de 8 000 ans. Puis, il y a 4 000 ans, des chasseurs paléoesquimaux envahissent le nord du Québec et sont suivis, il y a environ 1 000 ans, par des chasseurs inuits.

Venus de l'est, des explorateurs puis des pêcheurs et chasseurs européens ont fréquenté, au cours du dernier millénaire, la côte atlantique et l'estuaire du fleuve Saint-Laurent. Avec le XVIIe siècle commence l'occupation euroquébécoise, principalement à partir de la vallée du Saint-Laurent. Des vestiges associés aux modes de vie dans les milieux agricole, maritime et urbain en témoignent.

 

Le territoire

À l'arrivée des Euroquébécois, le territoire est divisé globalement comme suit : - Les Inuits vivent au nord du 55e parallèle, dans la région de la toundra ; - Les Amérindiens de souche algonquienne, les Cris, Montagnais (Innus), Naskapis et Micmacs occupent le territoire entre le 49e et le 55e parallèle, c'est-à-dire les régions de la forêt boréale et de la taïga ; - Les Amérindiens de souche iroquoïenne habitent au sud du 49e parallèle, dans la région laurentienne.

 

Les différents peuplements

Le peuplement du Québec constitue une des principales préoccupations des archéologues québécois, et particulièrement des spécialistes de l'histoire des Autochtones avant l'arrivée des Européens. Le peuplement s'est fait principalement par les voies navigables, intérieures et côtières, en utilisant divers types d'embarcations : canots et pirogues, kayaks et oumiaks. Des indices font état de l'utilisation de ce réseau de voies navigables, ce sont les articles de troc : le cuivre natif, les matériaux lithiques et les coquillages. Si la pénétration du territoire québécois s'est faite graduellement, il semble toutefois, d'après l'information archéologique disponible, qu'il y a plus de 4 000 ans l'ensemble du territoire a été parcouru par les populations autochtones. Vers l'an 1 000 de notre ère, des Norois (Vikings) et, possiblement, des Irlandais avant eux, explorent la côte atlantique. Les Norois occupent même le site de l'Anse aux Meadows à Terre-Neuve. Vers la fin du XVe siècle, ils seront suivis par des explorateurs portugais, italiens, français et espagnols. Au XVIe siècle, des pêcheurs européens exploitent les ressources halieutiques du Nouveau Monde, en particulier la morue et le loup-marin (phoque), et viennent chasser la baleine. Au début du XVIIe siècle, le peuplement européen s'amorce lentement. Les efforts de colonisation étant entravés par de multiples questions administratives, la pêche à la morue et la traite des fourrures prennent une place prépondérante dans l'économie de la Nouvelle-France. Après de nombreux conflits armés et la Conquête anglaise en 1758-1760, les prochains siècles seront marqués par une exploitation forestière plus marquée, le développement du transport ferroviaire, routier et maritime, l'industrialisation et, enfin, l'urbanisation rapide du territoire. Tous ces événements associés à l’implantation des gens d’origine européenne, l’exploitation des ressources et leur développement laisseront d'importantes traces dans le sol québécois. L’archéologie en Gaspésie ne fait pas bande à part du reste du Québec. Les ressources archéologiques qui y sont présentes sont majeures pour l’histoire et la préhistoire du Québec. C’est notamment en Gaspésie que l’on retrouve un grand nombre de sites les plus anciens du Québec, ceux de la culture Plano. Parmi les plus célèbres, il y a ceux de La Martre et de Sainte-Anne-des-Monts. Toutefois, beaucoup d’autres occupations amérindiennes vont se succéder avant l’arrivée des Européens. Au tout début de la colonie, la Gaspésie était occupée par des Amérindiens : les Micmacs occupaient tout le côté sud jusqu’à la pointe et le côté nord, quant à lui, était à la fois occupé ponctuellement par des Montagnais, des Micmacs et des Iroquoïens. Avec les colons, diverses installations vont prendre place sur le territoire gaspésien. Parmi ces installations s’y retrouvent de nombreuses seigneuries sur tout le pourtour de la Gaspésie que ce soit dans le but de pêcher, exploiter la forêt, faire la traite des fourrures ou l’exploitation de mines ou de carrières. Ce sont ces seigneuries qui vont lancer le développement de notre région et qui feront de la population ce qu’elle est aujourd’hui.